HISTOIRE de la commune RIVIERE PILOTE
Une ville libre !
Lumina Sophie, Lubin et Telgard, sont des noms emblématiques pour les Martiniquais ! Mais commençons par le commencement avant d’arriver à ce chapitre.
Rivière-Pilote a d’abord été peuplé par les Caraïbes. C’est d’ailleurs leur chef, Pilote qui a donné son nom à la commune !
Lors de l’arrivée des colons en 1635, ce dernier sympathisa avec eux, de telle sorte à leur laisser occuper le sud de l’île tandis qu’ils prendraient le nord.
Mais en 1665, suite à l’arrivée des Jésuites dans la région, les Caraïbes furent chassés de leur propre terre !
Les Jésuites construisirent une Église non loin de l’ancien lieu de vie des Caraïbes sur ce qui deviendra Sainte-Luce. L’autre partie de la commune formera celle du Marin.
Ce n’est qu’en 1837 que les frontières seront retracées, donnant naissance à l’actuelle commune de Rivière-Pilote.
Il faut savoir que la ville a toujours été connue pour être le refuge des personnes refusant de se soumettre à une quelconque autorité extérieure.
Beaucoup de Nèg Mawon fuyant leur plantation venaient s’y réfugier.
En 1870, soit 22ans après la fin de l’esclavage, un conflit mémorable éclate à Rivière-Pilote, entre anciens esclaves et békés : cet événement touchera l’ensemble du sud.
Tout cela par d’une injustice :
Léopold Lubin, ancien esclave, travaille le long d’une route, lorsque deux békés à cheval, dont Augier de Maintenon, l’interpellent afin qu’il se déplace pour leur laisser le passage.
Ce dernier, voyant tout l’espace offert aux deux hommes, refuse donc de s’espacer davantage.
Mécontent Augier de Maintenon lui assène un coup de cravache au visage !
Lubin décide donc de porter plainte à la gendarmerie, qui ne lui rend pas du tout justice. Pire, sa plainte est ignorée !
Quelques temps après, Lubin décide donc de se faire justice lui même.
Il tombe sur son agresseur un beau jour et le roue de coup à son tour.
Blessé, De Maintenon porte plainte au commissariat. Mais cette fois-ci, Léopold Lubin sera lui condamné à lui verser une amende et à purger 5 ans de prison pour son acte.
La population est indignée et crie à l’injustice.
Cette fois, c’est la fois de trop !
Une vague de colère s’éprend des pilotins du sud, qui dans la nuit du 22 Septembre, vont marcher dans toutes les rues de la commune, ralliant les villes avoisinantes à sa cause d’autres victimes afin de brûler toutes les habitations et plantation se trouvant sur leur chemin !
Ils marcheront ainsi durant plusieurs jours jusqu’à Trinité, guidés notamment par Lumina Sophie, 22ans et enceinte. C’est le premier bébé né libre depuis la fin de l’esclavage.
Après plus de 5 jours d’émeutes, 200 personnes seront arrêtées et jugées, 10 seront condamnées à mort et 90 iront au bagne en Nouvelle-Calédonie et en Guyane.
Lumina Sophie sera elle, condamnée à se rendre au bagne à Saint-Laurent du Maroni, en Guyane, ou elle décédera peu de temps après.
Depuis ce jour, Rivière-Pilote n’a jamais cessé de revendiquer son coté indépendantiste.