Les groupes de Chanté Nwel
De nombreux groupes de chanté nwel ont traversé les époques tels que Ravine Plate, Bakoua Nwel, Rassin’ Nwel, Kantik Vauclin, An Rita, Mazincoin et plus récemment Yanm Sasa, Sos Kantik, Mandarin, Les Troubadours 972, Kantik Band et bien d’autres encore. Aujourd’hui le chanté nwel s’est “professionnalisé” : on va de moins en moins chez les voisins, mais plutôt dans les salles de réception. Aux instruments locaux s’ajoutent guitares, basses, batteries et synthétiseurs. Les cantiques même sont revisités, repris sur des airs de zouk, salsa ou l’instrumentale des tubes du moment. Durant plus d’un mois et demi, les groupes sillonnent la Martinique et rassemblent les foules venues avec pour seul objet de se retrouver pour partager un moment festif et convivial. A chaque public, son groupe préféré, du chanté nwël classique aux “soirées”, il y en a pour tous les goûts.
Fêter Noël en Martinique, c’est fêter Noël comme nulle part ailleurs parce que le plaisir de partager et de se réunir s’exprime bien avant le 24 décembre…
Souvenirs de Noël de martiniquais
Aurélie: Il y a un peu plus d’une dizaine d’années, avant le vent de “modernisation” des chantés nwël, j’ai eu l’occasion de participer deux ans de suite à une ribote avec un groupe de Noël, tradition qui consiste à aller de maison en maison en chantant des cantiques. Le groupe avait la particularité de s’arrêter également dans les lieux où l’on travaille pendant le réveillon : une caserne de pompiers, une maternité, les urgences d’un hôpital… Travailleurs ou habitants, nous étions toujours reçus avec cet esprit festif et convivial : après avoir chanté, nous étions invités à partager à boire et à manger. Cette coutume se perd au fil des années. Mais certaines années, après minuit je reçois encore un appel de mon meilleur ami « Tu es prête pour une ribote ? ». Toujours ! et nous voilà partis faire le tour des copains jusqu’à très tard le 25 décembre…
Darvy : Je suis né dans le sud de la France et j’ai vécu dans l’hexagone jusqu’au CM1. Pour moi Noël c’était le sapin, son odeur, les épines qui tombent. Et donc à l’âge de 8-9 ans, on rentre en Martinique. Et je fais mon premier Noël en Martinique. Et je découvre le filao… Au lieu du sapin, dans le coin du salon il y a ces grandes branches qui sont liées à la base. C’est vrai que le feuillage fait penser à celui du sapin mais en moins fourni. Mais une fois enguirlandées et parées de cadeaux, les branches du filao n’ont rien à envier aux sapins de Noël. Et pour moi Noël en Martinique c’est le filao, cet arbre atypique qui ressemble au sapin sans être un mais qui pourtant endosse fièrement toute la magie de Noël.
Photos: Darvy Forestier
