CITEO, une campagne publicitaire pleine d’intrigue
Pour cette interview, monsieur Philippe MOCCAND, Directeur Schéma Industriel et Outre-Mer nous a fait l’honneur d’échanger avec nous.
• Bonjour à tous et merci d’avoir accepté cette interview. Commençons premièrement par une campagne qui a fait parler d’elle le mois dernier. Je suppose ne pas être la seule à avoir été surprise par la campagne “É ou ki manniè ou ka fè’y ?” affichée pendant le carnaval.
Il est assez inattendu, pour une entreprise du secteur environnemental, d’aborder un sujet sérieux par une question pouvant porter à confusion. En effet, cette campagne appelait à un questionnement qui pouvait, dans un contexte festif et très populaire comme le carnaval en Martinique, être interprété de la plus classique à la plus loufoque des façons. Je mentirais si je vous disais ne pas avoir pensé à certaines choses 🔞 [RIRES]. Comment vous est venue l’idée de poser une telle question sans indiquer dans un premier temps le destinataire du message ?
• Alors comment nous est venue cette communication spécifique autour de la Martinique ? Depuis que la collecte sélective et le tri se sont installés depuis plusieurs années sur le territoire français et dans les Outre-Mer, plus récemment dans les Outre-Mer, environ une quinzaine pour les plus anciens qui sont sur la Réunion et une dizaine d’années pour les Antilles – on fait le bilan de la collecte sélective sur les territoires et on s’aperçoit qu’il y a un déficit de performance, en termes de tri. On voit bien que les performances sont globalement 2 à 3 fois inférieures à l’hexagone. Donc fort de ça, c’est que les martiniquais trient, bien évidemment, mais on sent qu’il y a d’autres moyens de trier davantage et d’améliorer les performances et le geste de tri. Donc l’objectif a été de mettre en place une campagne spécifique, par territoire, et adaptée à tous les territoires. Le message qu’on donne aux martiniquais ne sera pas forcément le même pour le guadeloupéen, et il sera également différent par rapport à la Réunion. On s’est basé sur un observatoire de geste de tri qu’on a réalisé en 2020, auprès de différents habitants, après des tests qualitatifs, qui nous ont permis d’arriver à la conclusion que peu importe ou quand et comment vous le faites, vous triez vos emballages et vos papiers dans le bac jaune. Donc ça c’était vraiment l’accroche qu’on voulait faire. Tout ça c’était pour déclencher le geste de tri, de généraliser et de systématiser auprès des populations. Parce que quand on a interrogé la population martiniquaise, ils disent “OUI JE TRIE”, mais ils ne trient pas forcément de manière systématique, donc on a voulu ancrer ce message-là et dire aux habitants “Peu importe comment vous le faites, au moins essayez de trier et triez de manière correcte et régulièrement”. Le message a été traduit en créole, martiniquais. L’objectif c’est cette première campagne que l’on a lancée en février-mars. L’objectif était également d’interpeller les citoyens et essayer de trouver des moments forts pour pouvoir discuter autour de ça. Fin mars, nous allons analyser et mesurer les résultats et les retombées de cette première campagne de communication pour éventuellement l’adapter. Ce qu’on vous propose, ce n’est pas d’uniquement faire de l’affichage 4*3 ou un spot TV ou un spot radio, c’est de compléter cette action média par des actions de proximité avec différents acteurs et plusieurs animations comme les centres commerciaux, sur les lieux de vie des martiniquais pour être un peu plus proche de la population, pour vraiment ancrer ce geste de tri.
• Une fois la révélation faite au public, avez-vous eu des retours positifs de cette campagne ? Si oui, pouvez-vous nous donner quelques exemples ?










