[INTERVIEW] : Journée Mondiale de la Propriété Intellectuelle avec SPECTA

26 avril 2022

En cette Journée Mondiale de la Propriété Intellectuelle, nous nous sommes concentrés sur la musique, et principalement l’impact des téléchargements gratuits/payants sur la vie d’un artiste. 

Vaut-il mieux acheter un album que le streamer ? Est-il préférable de collectionner des albums physiques que digitaux ? Les modes de consommation ont-ils changé depuis l’univers de la cassette ? Specta nous est venu en aide sur le sujet. Martinique Airlocal vous souhaite une bonne lecture.

SPECTA s’exprime sur sa passion, la musique

Aujourd’hui, nous avons avec nous @spectasayso.

Bonjour SPECTA et merci d’avoir accepté notre invitation. Avant d’entamer le sujet principal, nous souhaitons mettre en avant l’homme aux multi facettes : homme de musique, youtuber, influenceur, provocateur – #akaLePréfet – et mako puissance mille dans l’univers musical –  #akaOGMako.

Qui est SPECTA ? 

– Specta c’est avant tout un passionné de musique dite urbaine depuis une quinzaine d’années. Qui a commencé par en faire pendant environ 10 ans puis qui est passé du côté média depuis 5 ans via YouTube et maintenant plusieurs formats entre télévision, Internet et parfois radio.

Depuis ton plus jeune âge, tu as été bercé par la musique, tu participais à des shows et spectacles dans des lieux publics mais aussi en underground… comment l’univers de la musique est-il entré dans ta vie ?

– La musique est entrée dans ma vie comme un peu tout le monde, il y avait beaucoup de reggae dans mon foyer durant ma jeunesse, puis le Dancehall local est arrivé petit à petit autour de moi et via Internet j’ai vraiment pu approfondir et chercher moi-même les morceaux qui me plaisaient.

À ce qu’il paraît, ton sujet de mémoire de Master portait également sur la musique. Peux-tu nous en dire plus ?

– Durant mon Master, il fallait rédiger un mémoire d’environ une soixantaine de pages si je me souviens bien. Le problème est que je suis incapable d’écrire autant sur un sujet qui ne m’intéresse pas. Du coup, j’ai lié le Dancehall à la science de l’Information et de la Communication (intitulé de mon Master). Au final, le sujet était  le suivant : « Le Dancehall dans les médias de masses aux Antilles » et j’ai eu 15 si je me souviens bien ! 

Jusqu’à aujourd’hui, tu arrives à allier vie professionnelle et vie musicale. Community Manager, Youtuber, Influenceur, Présentateur d’émission TV, Créateur de challenges musicaux sur la toile… la musique n’est jamais bien loin. Tu arrives toujours à trouver de nouvelles idées et de nouveaux formats pour le plus grand bonheur de ta communauté et pour le plus grand malheur de tes haterz 😎. D’où te viennent les inspirations ?

– Mes inspirations, pour mes différents formats,  me viennent souvent des formats que je consomme moi-même sur le web, que ce soit en Amérique ou dans l’hexagone. En effet, le côté « média » dans la musique urbaine était extrêmement délaissé et le public n’avait donc pas d’endroit où échanger ou encore s’informer sur le sujet. Via ma chaîne YouTube, mon compte Instagram ou encore mon émission TV,  j’essaie de combler ce manque.

J’aime beaucoup ta personnalité car tu n’attends pas l’avis des autres pour vivre à fond ta passion, pour faire ce qui te plait et tu as toujours une réponse à apporter, même aux haterz qui te suivent de très près. Quels conseils pourrais-tu donner aux personnes qui ne vivent qu’à travers les autres ?

– J’ai vu une citation récemment sur le sujet du « vivre à travers les autres ». En gros,  ça donnait : si tu vis ta vie selon les opinions d’autrui, elle ne t’appartient pas vraiment. Je trouve ça totalement réel. 99% du temps, quand je fais quelque chose qui fonctionne au final, il y a beaucoup de critiques au début car c’est dans la nature humaine. Sauf que si on se base sur les critiques, on ne fait jamais rien. Donc il faut d’abord faire ce dont on a envie, même en écoutant les conseils. L’important, c’est d’abord d’agir par plaisir.

Specta nous donne son avis sur le respect de la propriété intellectuelle dans la musique

Parlons maintenant de la propriété intellectuelle dans le monde de la musique. Souvent, tu expliques à ton public l’importance de streamer. Peux-tu nous rappeler la définition du “streaming” ou du fait de “streamer” ?

– Streamer dans l’absolu c’est consommer du contenu sur Internet sans pour autant l’enregistrer sur son appareil. Par exemple, YouTube ou Netflix sont des plateformes de streaming vidéo. Spotify et Apple Music sont des plateformes de streaming musicales.

– En quoi le streaming protège-t-il la propriété intellectuelle d’un artiste ?

– Streamer est la nouvelle manière de consommer de la musique de façon payante. Chaque fois que l’on écoute un morceau gratuitement, alors qu’il est disponible sur les plateformes, c’est littéralement du vol de propriété intellectuelle. Avec le streaming, on paie un abonnement et les droits sont reversés aux artistes après. Exactement comme quand on achetait des albums physiques ou digitaux.

– Est-ce que steamer équivaut à acheter un album/un morceau ?

– Un artiste touche moins sur un stream que sur un achat d’album ou de son. Car évidemment, on ne garde pas le morceau avec soi et il n’y a pas le coût de la production physique non plus. Cependant, il est préférable de toucher 0,001€ à chaque écoute de son morceau que de toucher 0€ quand le public nous écoute gratuitement. Ce qui était le cas depuis au moins 2005, à l’apogée de la crise du disque annonçant l’âge d’or du piratage.

Je me souviens encore de l’époque des MD –  la carence sur moi en 5ème – des baladeurs CD ou des CD verbatim imprimables et réutilisables recto/verso. Une époque qui, malheureusement, grignotait une bonne part du gâteau des artistes. 

Selon toi, Specta, penses-tu que cette époque soit finie ? 

– Oui, le CD est maintenant une œuvre de collection. La majorité des gens n’écoutent plus de musique via un CD. Un peu comme les cassettes à l’époque. Tout est voué à évoluer. Qui regarde encore des films sur DVD ?

– Pour ce qui est du respect de la propriété intellectuelle des artistes, as-tu perçu une évolution positive dans les habitudes de consommation des générations ?

– Petit à petit, les mœurs évoluent mais cela prendra du temps car il faut éduquer toute une population aux Antilles. Mais dans l’hexagone ou en Amérique du nord, streamer est déjà devenu logique. Il y a une génération entière qui ne sait même plus vraiment pirater des sons là-bas car ils n’enregistrent plus de sons sur leurs appareils.

– Selon toi, les mélomanes agissent-ils de la même façon que d’autres personnes moins aguerries et qui pourtant ne vivent pas sans musique ?

– Les mélomanes les plus motivés achètent encore des CD ou des vinyles car ils aiment le rendu sonore. Mais dans l’absolu, même les plus grands consommateurs de musique doivent faire avec leur temps, car vu la saturation au niveau des sorties de chansons, il est difficile de tout acheter en physique ou en digital.

– Quelles solutions penses-tu être efficaces pour la préservation de la propriété intellectuelle artistique ?

– Selon moi, le stream est actuellement la meilleure solution. Facile et ludique pour le consommateur et juste pour l’artiste. En tout cas beaucoup plus juste que la décennie où les chanteurs ne gagnaient plus rien car leurs morceaux étaient échangés en MP3 illégalement partout dans le monde. Nombre de carrières se sont terminées comme cela malheureusement !

– En conclusion de cet échange, as-tu quelque chose à rajouter, que ce soit sur le sujet ou sur l’un de tes futurs projets ?

– En conclusion, je dirais donc de soutenir les artistes avec le porte-monnaie car la sympathie n’est ni un chèque ni un billet ; et n’hésitez pas à me follow sur mes différents comptes pour suivre mes différents formats ! Je m’appelle Specta Say So à peu près partout. Merci à vous !

C'était SPECTA avec Martinique Airlocal #gang

Un big up à SPECTA pour sa disponibilité, sa prise de parole et ses photos.

Vous l’aurez compris, adan lavi sé yon a lot 🤜🏽🤛🏽. Quoi de mieux qu’un local pour soutenir un artiste local ? 

Je vais finir avec une autre question : d’après vous, pourquoi beaucoup d’artistes locaux ont plus de succès ailleurs ou finissent par s’orienter ailleurs que chez eux ? La raison n’est pas seulement liée à l’envie d’élargir sa musique à l’international… Pensez-y. 😉👈🏽

Andrée-Coralie AMABLE