Noël dans la cuisine créole, le cochon est roi
Un bon Noël s’accompagne d’une table bien garnie, et pour cela en Martinique ce n’est pas ce qu’il manque. Toute la période de Noël, on retrouve chez soi, dans les chanté nwel, au restaurant, une panoplie de plats. Et le cochon en est le Roi ! Il est présent sous toutes ses formes.
Le boudin créole, présent sur nos tables toute l’année, est un incontournable à Noël. Cuisiné à partir de sang, de gras de cochon et de pain imbibé d’épices, il est ensaché dans les boyaux en petits boudins. Il existe autant de recettes de boudins que de familles antillaises, chacun assaisonnement selon ses goûts. Vous pouvez trouver une grande diversité d’autres boudins : végétarien, lambi, morue, poisson, etc.
Les pâtés salés sont aussi typiques de Noël, même si on en trouve toute l’année. A Noël, on en trouve partout et de toutes les sortes : de l’industriel en magasin aux pâtés artisanaux en boulangerie et auprès d’amis voire d’amis d’amis, pâte brisée ou pâte feuilletée, au porc, au poulet, à la morue, au lambi, etc.
Pas de période de Noël sans jambon de Noël, un jambon caramélisé, sublime mélange sucré salé. Le jambon de Noël se déguste froid, découpé en fines tranches, servi en apéritif à côté du boudin et pâtés salés. Avant, la préparation du jambon de Noël prenait 3 à 4 jours. On utilisait du jambon séché importé, qu’il fallait faire dessaler pendant plusieurs jours, puis cuire dans un bouillon plein d’aromates. Ce n’est qu’après qu’il était enduit de sucre et cuit au four pour caraméliser. Aujourd’hui, le jambon moderne nécessite moins de préparation : on le trouve vendu frais ou congelé, déjà cuit ou cru, avec ou sans os, avec ou sans piment…
Pour le réveillon du 24 et à Noël, pas d’huîtres ou de dinde, place au ragoût cochon ! bien épicé, servi notamment avec des pois d’Angole, une légumineuse qui se cuisine un peu comme les lentilles et que l’on retrouve dans les assiettes uniquement en période de fin d’année. Evidemment, aujourd’hui les plats locaux sont aussi accompagnés des mets de Noël comme le foie gras. Mais même là, nous arrivons à le mettre à notre sauce : et hop un foie au rhum vieux !
Dans les jardins créoles, les enfants et les grands parents se réunissent pour récolter les pois d’Angole. C’est un joyeux moment de gaieté entre cousins et cousines. Une partie des poids sont mis dans des bouteilles en plastique, ou en verre selon le son que l’on voulait produire, pour faire des “chachas” qui nous servaient à jouer de la musique pendant les chanté nwèl.
Texte : Rédaction Airlocal Magazine, Aurélie FC
Photos : Mario Gilbert