[CULTURE] : Quand les Antilles françaises deviennent des plateaux de tournage

19 septembre 2022
Crédit Photo : Ciné Télé Revue

La Caraïbe possède une culture très riche et regorge de lieux magnifiques, ça, on le savait déjà. Mais nous ne sommes pas les seuls à le savoir. Depuis des décennies, des équipes de tournage du monde entier posent leurs valises à Cuba à la Barbade ou encore à Trinité-et-Tobago, afin de produire des œuvres intemporelles. Mais ne vous en faites pas, la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane ne sont pas en reste… La preuve ! 
 
 
 
Vous n’êtes sûrement pas sans savoir que se tourne tous les ans depuis 2019, la série France 2, Tropiques Criminels en Martinique. L’histoire d’une commandante qui va revenir au péyi natal après une mutation professionnelle. Elle va devoir faire équipe avec une capitaine qui est son total opposé mais, quand il s’agit de résoudre des crimes, elles deviennent tout à coup un duo complémentaire et efficace. Autre exemple, mais cette fois-ci sur l’île sœur, Meurtres au Paradis, série franco-anglaise de 11 saisons, diffusée sur BBC 1 et tournée principalement en Guadeloupe. Bon, on reste dans le contexte du crime, mais la série reste un must-see (une œuvre à voir) qui a réussi à se hisser au rang de série culte en Angleterre.

N’oublions pas non plus la Guyane, elle a eu droit à sa série éponyme en 2017 qui se concentre sur le monde de l’orpaillage. Nos contrées ont accueilli bien plus d’œuvres audiovisuelles que cela, mais toutes les citer prendraient une plombe. Dans ces trois cas, cela a créé de nombreux emplois (scénaristes, acteurs, régisseurs, etc.) et permis un rayonnement économique et culturel à l’étranger. 

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Mais comment parler des Antilles qui deviennent des plateaux de tournage sans parler de l’immense film d’Euzhan Palcy, Rue Cases-Nègres (1983) ? D’après le roman de Joseph Zobel, ce best-seller, multi-récompensé – avec notamment, le Lion d’Argent et le César de la meilleure première œuvre – , est une véritable pépite cinématographique qui dresse un portrait touchant, instructif et plein d’espoir sur la Martinique des années 30. Ce film a fait rayonner la Martinique à l’international et a fourni à sa réalisatrice une reconnaissance mondiale et des opportunités à peine croyables. Elle a d’ailleurs a collaboré avec Disney, notamment pour le film biographique sur Ruby Bridges. Et n’oublions pas Tropiques Amers, qui je suis sûre, vous a captivé lors de sa diffusion sur France 3 en 2007, et Neg Marrons avec Admiral T, et Zépon, tant de pépites, c’est fou ! 
 

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Et ne vous en faites pas, la nouvelle génération de réalisateurs, acteurs et scénaristes Antillais est déjà bel et bien là et compte bien vous le faire savoir. Nous pouvons applaudir par exemple le travail de Vincent Vermignon, jeune acteur originaire de Rivière-Salée, qui s’est retrouvé à l’affiche de plusieurs séries et notamment une du géant américain HBO Max (excusez-nous du peu !), The Staircase, avec Colin Firth (excusez-nous…) et Toni Colette (…du peu) ! Ou encore l’équipe de Priceless Films, une équipe de jeunes aussi talentueux qu’ingénieux qui ont produit le carton viral sur internet Head or Tail, dont le nom de leur production doit nous rappeler à quel point le monde de l’audiovisuel antillais doit être apprécié et chéri car il nous est “inestimable”. 

 
 Alors je vous invite tous à lever vos verres pour célébrer le cinéma antillais ! Cheers ! 

Mélanie Nonone