Sé PA Dé KONVERSATION KèW Té KA PRAN éPI GRAN MANMANW
C’est toujours le sourire aux lèvres que j’écoute ses histoires d’Antan Lontan qui, souvent, commencent par « an tan gran manmanw ».
Ce jour-là, elle m’a parlé de Man Koukou, la marraine de Tatie, cette dame chic et élégante toujours tirée à quatre épingles. Man koukou ne se déplaçait jamais sans son foulard, son parapluie, son corsage à manches brodé, sa jupe assez évasée pour recouvrir son grand caleçon en coton, ses deux jupons et ses talons. Elle en faisait rire certains qui s’étaient imaginés la bataille à laquelle elle s’adonnait pour soulager sa vessie.
Elle m’avait aussi raconté comment, un jour où elle s’était égarée à lui poser une question sur…le sexe…Manman Nini, maman de six enfants, lui avait rétorqué qu’une femme ne doit jamais se dénuder. Le protocole était clairement établi : i ka lévé chimiz di nuit’ la i ka fè zafèy épi i ka viré béssé chimiz di nuit’ la lè i fini…
Une chose était sûre en l’écoutant me narrer son enfance…je ne pouvais que me dire que l’époque avait bien changée. En mieux ? En moins bien ? En trop débridé ? Autant de questions auxquelles je ne suis pas venue vous répondre ici ([sourire] allez ne m’en veuillez pas).
Aujourd’hui je viens plutôt vous raconter comment Françoise aka La Guyanaise a décidé de contribuer à ce changement d’époque en ouvrant une fenêtre de décomplexion et de libération de la parole à tous.

















